Anciens étudiants

  • Gauthier Rousseau (2014-2019).
  • Blaise Dhont (2013-2017).
  • Kasper van der Vaart (2012-2016).
  • Belinda Bates (2011-2015).
  • Joris Heymann (2010-2014).
  • François Mettra (2009-2013).
  • Nicolas Andreini (2007-2012).
  • Martin Rentschler (2005-2009).
  • Sébastien Wiederseiner (2005-2011).
  • Steve Cochard (2004-2007).
  • Tobias Böhm (2002-2005) avec Jean-Luc Reboud (UJF, Grenoble).
  • Marie Clément (1999-2002) avec Emil Hopfinger (UJF, Grenoble).
  • Françoise Bigillon (1998-2001) avec Jack Lanier (UJF, Grenoble).

Autres doctorants

  • Mafalda Amatruda (2013-2014)
  • Valentin Métraux (2010-2011)
  • Gaël Epely-Chauvin† (2009-2012)
  • Barbara Turnbull (2004-2005)

Anciens postdocs

  • Simone Padoan (2008-2012)
  • Danilo Marra (2008-2011)
  • Patricio Bohorquez (2008)
  • Peter Vollmöller (2004-2005)

Hommage à Gaël Epely-Chauvin


in memoriam

In memoriam Gaël

Gaël Epely Chauvin, 28 juillet 1982-29 janvier 2012

Brusquement, par une belle après-midi d’hiver, tu t’en es allé. Comme une dernière pirouette, tu as laissé ton corps en apesanteur entre la lumière et les ténèbres.

Pendant des années tu avais eu l’insouciante insolence du funambule sur un fil, hésitant à chaque pas entre la droite ligne d’une vie ordonnée et la facilité de la pesanteur. La chute te faisant aussi peur qu’un chemin bien tracé, alors tu t’es mis à inventer tes propres règles du jeu. Te sentant trop à l’étroit dans une seule vie, tu as eu l’ambition d’en avoir plusieurs. Par un curieux prodige, tu es devenu multiple.

Pour beaucoup à l’EPFL, tu étais cet assistant un peu fou, qui en quelques jours était capable de monter une expérience extraordinaire, où des photons sagement excités venaient nous révéler la vie erratique de gentils granulats. Plus l’expérience était difficile, plus tu exaltais tel un démiurge aux premiers instants, où tout restait encore à créer. Puis tu partais dans un immense éclat de rire moqueur. C’était un autre Gaël, celui qui se moquait des blouses blanches et, à vrai dire, de toutes les autres tenues.

Tu fuyais alors je ne sais où, avec quelques amis, t’exposer à la nature. Certains me disaient qu’on t’avait aperçu virevoltant dans les airs du Salève ou des Pléiades ; contrairement à Icare, ce n’est pas tant le soleil que le vent qui t’attirait, ce vent qu’on ne saisit jamais et qui te porte pourtant. D’aucuns m’affirmaient que bien au contraire, tu t’enfonçais dans les entrailles de la terre, tu t’étais mué en ver rampant et gluant dans un dédale de veines, ton horizon ne dépassait pas la portée de ta lampe. D’autres encore maintenaient que tu effleurais de ta planche quelque pente enneigée, entre ciel et terre, toujours mû par gravité, la vitesse comme seul alibi, la légèreté du mouvement comme seul plaisir ; puis Sisyphe moderne, tu remontais la pente à l’aide de quelque artifice mécanique pour subir de nouveau l’attraction d’une nouvelle pente. La vie était si belle à descendre.

Descendre des bières à Sat’ avec tes potes et ne pas refaire le monde. Descendre à Bourg-Saint-Andéol et rêver une maison au milieu des vignes… On ne peut pas recenser toutes tes vies. Tu avais pris soin de les éparpiller au vent.

Mais voilà, il faut croire que tu auras offensé quelque dieu, là-haut ou là-bas. Il faut croire qu’on ne peut s’offrir des vies parallèles sans déroger une règle céleste, sans déranger un ordre bien établi. Toutes tes vies ont fini par converger en ce dimanche d’hiver.

Ar’vi